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Label BIO entre OGM et lobbies

Published by AnneSo | Filed under OGM, Bio, Agriculture, Général

Mme Lagarde a donné hier son accord sur la décision des ministres de l’Agriculture des 27 d’accorder un label bio européen tolèrant des traces d’OGM. Cette décision était déjà “dans les tuyaux” et ne plaît pas vraiment à notre ministre de l’environnement, Alain Juppé.

En réalité, le désaccord ne réside pas dans l’idée d’un label - qui serait mis en place à partir de 2009 et coexisterait avec les labels nationaux, mais sur le fait que le texte signé précise qu’un produit fini devra contenir au moins 95% (en masse) d’ingrédients biologiques pour bénéficier de cette appellation, au lieu de 70% précédemment. Mais il faut savoir qu’il était interdit jusqu’à maintenant de qualifier un aliment de biologique s’il comportait moins de 70% d’ingrédients issus de l’AB. En 2009, comme l’explique Henri Thepaut, président de la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) “il suffira de 5% d’ingrédients bio. Dès lors qu’on mettra une fraise bio dans un yaourt, on pourra le dire sur le paquet” (un produit transformé contenant 5% d’ingrédients bio pourra indiquer la mention “biologique”).

Mais la décision comporte un autre élement de désaccord: la tolérance aux OGM. Le texte signé par les 27 spécifie que les produits bio pourront contenir des traces d’OGM, dans la limite de 0,9%. Ce qui permettrait de protéger les producteurs de bio contre des contaminations accidentelles d’OGM… Selon Alain Juppé cette décision aurait été prise parce que “en-dessous de 0,9% on ne sait pas détecter les produits OGM”…

Les associations n’ont pas tardé à réagir!! Selon Greenpeace, ce texte “ignore les préférences des consommateurs, qui sont prêts à payer pour avoir de la nourriture de haute qualité, sans OGM, et il met en danger le secteur de l’agriculture biologique”. Et comme le soulignent justement et ensemble les Amis de la Terre et le Bureau européen pour l’Environnement, “l’UE doit mettre en place une législation pour protéger les agriculteurs de la pollution par les OGM”. Car en effet, comme le résume Henri Thepaut, “les producteurs doivent avoir le droit de se protéger contre une contamination OGM et les consommateurs exiger des produits bio 100% sans OGM (…) A partir de 2009, le label AB (Agriculture biologique) devra se plier au cahier des charges européens, beaucoup moins exigeant que le nôtre actuellement. Si nous voulons conserver notre qualité et le faire savoir aux consommateurs, nous allons devoir créer un nouveau logo et le faire connaître”.

Enfin, comme l’indique le communiqué des ADT, “Christian Berdot, responsable de la campagne OGM des Amis de la Terre s’indigne de la duplicité des autorités françaises : «Le gouvernement français s’était «engagé à ne pas prendre de décisions contraires à nos requêtes d’ici les prochaines discussions et la convocation du Grenelle de l’Environnement». Pourtant, à la première occasion, il renie ses engagements ! Face à l’explosion des cancers, allergies et maladies dégénératives, de plus en plus de citoyens exigent des produits sains, sans OGM et sans chimie. Mais au lieu d’imposer aux cancres pollueurs une amélioration des pratiques agricoles, le gouvernement demande au meilleur élève de la classe de laisser cochonner son travail! Le gouvernement soutient ouvertement les lobbies de la chimie, des biotechnologies, des semenciers et leur pseudo «agriculture durable» pour mieux piétiner au pied la protection de la santé et de l’environnement ! Ce n’est plus Grenelle qu’on prépare, mais Waterloo!».

Sarkozy fait donc ce qu’il a dit qu’il ferait (dans son discours d’ouverture du Grenelle par exemple!) : la solution réside dans le progrès technique et donc dans les OGM et les pesticides! Mme Lagarde a beau faire des palabres avec M.Juppé sur son vélo en affirmant qu’ils sont “parfaitement d’accord”, il demeure que le dossier des OGM est chahuté… Des débuts turbulents donc. Que vont faire les associations d’ici octobre donc? Quels sont les chantiers sur lesquels la goupille risque aussi de se dévoiler rapidement…? La suite au prochain épisode! En attendant la force des lobbies demeure…

Plus d’informations sur le site de Novethic et bonne synthèse des effets de cette décision ici.

juin 14th, 2007

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8 Responses to “Label BIO entre OGM et lobbies”

  1. AL Says:

    Bonjour, pour rebondir sur le commentaire très juste d’AnneSo, je me permets de vous présenter l’association Bio Consom’acteurs (loi 1901), seule association nationale de consommateurs de produits biologiques.

    Son objectif est de :

    - pousser le développement de la bio auprès des pouvoirs publics (car aujourd’hui en France, malgré une croissance de la demande, seuls 2% des surfaces agricoles sont dédiées au bio)

    - informer les consommateurs sur la réglementation bio

    - défendre les intérêts des consommateurs de produits biologiques et écologiques

    Son 1er but est d’atteindre au moins 10 000 adhérents pour être reconnue comme association de consommateurs (pouvoir défendre collectivement en justice les consommateurs de produits bio), devenir légitime pour s’exprimer sur les sujets de consommation et d’agriculture biologique.

    Je vous invite à consulter son site web : www.bioconsomacteurs.org, sur lequel vous trouverez de nombreuses informations sur l’agriculture biologique, l’environnement, la santé, entre autres… et vous pouvez aussi adhérer!!

    Merci!!

  2. Des OGM dans le bio c'est un scandale! | Alexis Prokopiev - Blog Says:

    […] AnneSo le dit très bien dans son article sur Ecopolit, la principale justification apportée notamment par Juppé, qui a d’ailleurs affiché ses premiers désaccords avec la ministre de l’Agriculture, c’est “qu’en-dessous de 0,9% on ne sait pas détecter les produits OGM”. Ah bon? On ne sait pas (encore!) détecter donc il faut autoriser? On ne marche pas un peu sur la tête là? […]

  3. fabien Says:

    Bonjour, est ce que vous pourriez m’expliquer les phrase suivantes :
    “un produit fini devra contenir au moins 95% (en masse) d’ingrédients biologiques pour bénéficier de cette appellation”

    et
    “il suffira de 5% d’ingrédients bio. Dès lors qu’on mettra une fraise bio dans un yaourt, on pourra le dire sur le paquet”

    Il y a un problème de cohérence non ? alors qui a raison ?

  4. Anne-Sophie Says:

    En fait, c’est une nuance: un produit transformé pourra utiliser le mot “biologique” dans la liste des ingrédient (pas le label attention!) s’il contient 5% d’ingrédients bio et comme le dit Raffa, “Vive le yahourt au sirop de glucose/fructose, aux arômes artificiels et à l’unique fraise bio”
    Par contre, le seuil pour avoir le label passe de 70% à 95%!

  5. Nicolas Says:

    Pourquoi voté José Bové ?

    En voilà une superbe réponse.

  6. Billets Ouverts | Les semences : enjeux multiples Says:

    […] : Amis de la Terre, AGPB (PDF), Semences Fermières, Ecopolit, Terra […]

  7. S’en sortir entre le bio, l’agroécologie et la permaculture | Prise de Terre Says:

    […] dire des labels AB français et européens qui désormais acceptent des traces d’OGM et de pesticides dans les produits? Heureusement il existe des labels sûrs : Demeter (agriculture biodynamique) et […]

  8. Clarita Says:

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