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Espèce hybride et OGM : la grande confusion

Published by Nicolas Thierry | Filed under OGM, Bio, Agriculture, Ecologie

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« L’homme connaît les OGM depuis qu’il crée des hybrides, c’est à dire depuis le néolithique.” Cette affirmation sortie tout droit de la bouche de scientifiques, lors d’émissions de radio ou télévision, a de quoi surprendre dans le climat ambiant où le maïs transgénique MON810 vient de se voir récemment interdire en Allemagne. Afin d’aborder un sujet aussi passionnel, je vous propose de commencer par quelques notions essentielle.

L’hybridation est la fécondation croisée de l’ovule d’une plante par du pollen d’une autre plante de la même espèce. Celle-ci peut être provoquée par l’homme mais peut aussi se produire naturellement.

Les biotechnologies permettent, en laboratoire, d’introduire un ou plusieurs gènes d’une espèce dans le génome d’une autre espèce, sans passer par les contraintes régulatrices de la fécondation. On obtient une plante transgénique ou OGM.

Vous l’aurez compris, la notion de fécondation est centrale dans ce qui différencie une espèce hybride et une plante transgénique. Le processus de fécondation se déroule par un dialogue entre gènes qui impose de fait le respect de l’organisation du génome. (Voir définition gène* et génome** en fin d’article).

Les subtilités et la complexité des connaissances scientifiques sont l’arme absolue des lobbyings, amenant doucement mais sûrement l’idée que tout cela est une affaire d’experts. Le scientisme est à l’œuvre. Un positionnement tout aussi surprenant qu’inquiétant apparaît : la critique des OGM n’émane pratiquement pas du milieu scientifique, ce qui donne au débat public un air exagérément manichéen avec d’un côté les obscurantistes et de l’autre les adeptes du « tout changement est un progrès ».

Les OGM ne sont que le partie visible de l’iceberg. En effet, les plantes transgéniques cristallisent à ce point les passions car elles posent des questions qui concernent d’autres débats : l’appropriation du vivant dans le futur, le niveau respectif de l’engagement du privé et public dans certains types de recherches, ainsi que la notion de responsabilité à long terme.

La mise en place d’un débat est évidemment pertinente en amont, non quand les protagonistes se sont enracinés sur des sols où chacun défend bien sûr son point de vue mais aussi et surtout sa crédibilité. Le temps déraisonnable qu’a pris le gouvernement à mettre en place des système d’étiquetages sur les produits a fait basculer un certains nombres d’acteurs comme les associations de consommateurs qui étaient à l’origine ouvertes au débat. Celui-ci aurait eu le mérite de pouvoir répondre aux questions que se posent les gens, en terme de sécurité sanitaire par exemple.

La faiblesse de nos gouvernements face aux lobbyings nous conduit aujourd’hui dans une situation où l’on voit plus de 70 % des Français opposés au OGM et une ministre de l’agriculture qui vote au niveau Européen pour une réglementation autorisant 0,9 % d’OGM dans la composition de produits labellisés biologiques.

Le devoir de la science est également un travail de critique. La voix de celle-ci que l’on peut qualifier d’inaudible sur le sujet fait gravement défaut en ce début de 21ème siècle.

* Gène :désigne une unité d’information génétique transmise par un individu à sa descendance, par reproduction sexuée ou asexuée)
** Génome : ensemble du matériel génétique d’un individu ou d’une espèce

juin 27th, 2007

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4 Responses to “Espèce hybride et OGM : la grande confusion”

  1. Berlan Jean-Pierre Says:

    Quelques précisions supplémentaires :

    Variété de plante cultivée en agriculture traditionnelle. Variété : le caractère de ce qui est varié, diversité. La notion de “race” correspond bien à la variété au sens d’une diversité au sein de caractères communs.

    Variété moderne de plante cultivée : clone. Ne peut être vendu que s’il est Distinct (des autres clones), homogéne (toutes les plantes sont les mêmes aux défauts de fabrication près), Stable (il conserve ses caractères d’une génération à la suivante. Par conséquent, le contraire d’une variété ! Bonjour la biodiversité d’une monoculture monoclonale !

    Variété hybride : clone hétérozygote (perd par conséquent ses caractères d’une génération à la suivante du fait de la destruction de l’hétérozygotie car il y a en réalité autofécondation dans le champ du paysan puisque toutes les plantes sont génétiquement identiques). Première forme de Terminator et premier succès réel dans la lutte de notre société marchande contre l’injustice des êtres vivants qui se reproduisent et se multiplient gratuitement (horreur !) dans le champ du paysan. Pour cette raison, technique reine de la soi disant “amélioration” des plantes au XXème siècle.

    ogm cultivé : clone chimérique pesticidaire breveté. Perd légalement la faculté de se reproduire dans le champ du paysan (cf, JP Berlan-Richard Lewontin, Ogm ou CCB ? Le Monde 18 juin 2004, consultable sur internet)

    Bien cordialement,

    Jean-Pierre Berlan

  2. wylke Says:

    La création d’hybrides existe effectivement depuis la nuit des temps. Cependant la “fabrication” ou la conception de semences hybrides plus “performantes” (permettant d’avoir de meilleurs rendements) n’existe que depuis le XXème siècle.

    Donc l’homme ne crée pas des hybrides depuis le néolithique. La NATURE crée des hybrides depuis que le monde est monde.

    Les hybrides et les OGM ont effectivement des choses en commun. Enfin plutot une chose en commun et elle est commerciale. Les semences hybrides conçues au cours du XXème siècle pour améliorer les rendements ont cette spécificité, que les plantes produisent elles mêmes des semences à très mauvais rendement. Ceci obligeant en quelque sorte l’agriculteur à racheter chaque année des emences “performante” au semancier. Ca ne vous rapelle rien? Effectivement il en est de même des OGM. Une fois qu’un agriculteur choisi de semer un OGM, les semences étant rendues stériles par le semencier, l’agriculteur est obligé de racheter les précieuses graines chaque années. Ceci détruisant au passage la diversité des variétés existantes.

  3. Enro Says:

    Je cite : “la critique des OGM n’émane pratiquement pas du milieu scientifique”.

    C’est pas faux, mais ce n’est pas entièrement vrai non plus : Jean-Pierre Berlan le démontre ci-dessus (même si on me murmure qu’à l’Inra, il a été “placardisé”). Notamment, la critique peut émaner de scientifiques autres que ceux qui trustent les grands médias, à savoir les physiciens ou les généticiens. Car au-delà de la vision d’une science une et indivisible, et même au sein de la “science établie”, différentes cultures épistémiques charrient différentes visions du monde. Et les agronomes ou les biologistes des populations sont bien moins pro-OGM que leurs collègues biologistes moléculaires… Cf. http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2007/01/07/87

  4. Nom d'un chien Says:

    Merci d’aexpliquer un peu tout ca.
    Avec les OGM et les hybrides, il y a deux risques opposes:
    -OGM: on cree de nouveaux genes qu’on lance dans la nature, sans connaitre le resultat final
    -Hybrides industriels: comme ils sont le resultat de croisement de deux lignees homozygotes, leur productiojn entraine une perte de diversite genetique.

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