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Climat : les assureurs en recherche de solutions
Published by Adrien Saumier | Filed under Agriculture, International, Economie
Depuis le rapport de Nicholas Stern, ancien vice-président de la Banque mondiale, on sait que le coût estimé du dérèglement climatique actuel et à venir serait bien plus élevé que les mesures à prendre pour l’éviter ou en amoindrir les effets. 5500 milliards d’euros, cinq billions et demi ! Une somme que Corinne Lepage avait comparé à l’argent englouti par les deux guerres mondiales et la crise de 1929.
Dans nos systèmes économiques, qui seraient les plus grosses “victimes” financières ? Tout simplement les assureurs et les réassureurs, ces derniers étant les assureurs des assureurs. Certains politiques continuent de nier l’accélération de la multiplication des phénomènes extrêmes (ouragans, canicules, inondations…) et leur lien avec l’activité humaine. De leur côté, les assureurs ont pris leurs carnets et n’ont eu qu’à constater : 27 catastrophes naturelles ont été recensées dans les années 60, plus d’une soixantaine dans les années 90. Entre 1993 et 2002, il a fallu débourser 102 milliards de dollars pour couvrir les dégats de ces catastrophes, soit 15 fois plus qu’entre 1960 et 1970.
Les sommes font tourner la tête. Rien qu’en 2005, année des ouragans Katrina et Rita, 87 milliards de dollars sont remboursés aux assurés. Il est vrai qu’une catastrophe dans une ville comme la Nouvelle Orléans, où quasiment tout est assuré, coûte plus qu’une même catastrophe dans un bidonvile indonésien. Cela dit, les réassureurs s’épongent le front : le président de la Lloyd’s estime que le secteur est confronté au risque d’une catastrophe majeure à 100 milliards de dollars, soit le double de Katrina. L’association des assureurs britanniques estime quant à elle que la moyenne annuelle du coût des catastrophes atteindra 27 milliards de dollars en 2080, contre 16,5 aujourd’hui.
À ces grosses sommes redoutées doivent s’ajouter les milliers, les millions, de remboursements plus modestes consécutifs aux effets du réchauffement climatique global. Par exemple, dans le domaine agricole. Maladies, destructions par la grèle, sécheresse… autant de catastrophes “naturelles” qui bousillent une récolte ou la compromettent sérieusement.
Les risques à court terme sont tout simplement que les assureurs, pour éviter faillite et banqueroute, ne couvrent plus certains risques ou se retirent de zones trop exposés à certains risques. De manière plus engagée, les assurances peuvent promouvoir la prévention des risques dans leurs contrats. En incitant les agriculteurs à cultiver des semences adaptées au sol et au climat local, en proposant aux particuliers des aides pour écologiser son habitat.
Au rayon des solutions financières, les “cat bonds” ou “obligations catastrophe”, soit tout simplement un transfert du risque des assurances vers des investisseurs, peinent à prendre leur envol. En 2006, on avait atteint seulement 5 milliards de dollars d’émissions, bien loin des 100 milliards de réserve pour parer à toutes les éventualités. Et rien n’indique que cet argent serait bien au rendez-vous en cas de recrudescence de catastrophes.
Finalement, toute la question est de savoir si Swiss Re aura les reins assez solides pour financer deux guerres mondiales et une crise financière internationale.
(Source : Odyssée, le magazine des salariés du groupe Groupama, n°14, avril 2007)
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juillet 16th, 2007 at 0h31
Juste un rappel pour dire que l’assureur en dernier ressort, c’est bien souvent l’Etat (c’est le cas pour le nucléaire, impossible à promouvoir dans le cadre d’une concurrence juste et non faussée), c’est-à-dire nous tous. C’est vous dire la tonalité pessimiste de cet article!