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Pistes (cyclables) pour la ville de demain.
Published by Antoine Astruc | Filed under Transports, Urbanisme, Politique, Ecologie, France
Les municipales arrivent, c’est l’occasion pour nous, peuple de l’écologie politique, de penser ce que doit être la ville de nos envies.
La ville lieu de vie, de travail ou d’achat de presque tous les français (si si, les espaces ruraux avec une population rurale sont devenus aussi rares en France que les électeurs verts) ne semble pas prendre la mesure de sa responsabilité dans les crises écologiques actuelles. Ainsi la ville s’étale consommant de plus en plus d’espace et d’énergie. L’étalement urbain est le phénomène le plus grave aujourd’hui, tant il oblige une consommation importante de carburant, tant il sépare les habitants et tant il annihile toute urbanité. En effet, les lieux de la ville qui font sa vie se construisent au quotidien. Quand les commerces, les bars, les cinémas, les restaurants grandissent en périphérie c’est le coeur de ville qui perd de son battement quotidien. Les lieux de rencontres et de sociabilités disparaissent devant des zones de rocades utilitaristes et trop fonctionnelles. La ville se dilue dans ses rocades, ses zones périphériques. Le centre se fige, il entre dans un musée à ciel ouvert comme si on voulait conserver une trace de cette organisation citadine passée.
Cette urbanité flouée est inacceptable pour nous écologistes. Elle n’est pas responsable au vu des crises climatiques et énergétiques, elle est l’accomplissement spatial d’une société de la dépendance (à la voiture notamment) et de la compétition (entre communes et commerces, entre résidents pour se garder leur espace) quand nous rêvons d’autonomie et de solidarité. Face à cela, il nous incombe de rêver, de dessiner, et bien sur de construire une ville conviviale, compacte, variée, riche, et surtout cyclable.
L’aspect cyclable ne signifie pas ici seulement la mise en place de politique pour favoriser et sécuriser les déplacements à vélo. Il nous faut voir ce qu’être cyclable peut signifier pour une ville. Une ville cyclable c’est une ville parcourable à vélo qui rayonne à partir d’un point sur 5 kilomètres. (20 min de vélo à 15km/h = 5) C’est une ville où la motorisation et l’usage de la voiture est faible. C’est une ville qui fonctionne par quartier (05 min pour acheter du pain à 15KM/h = 1.25 km). C’est une ville où la vitesse ne dépasse pas les 30 KM/h. C’est une ville où les individus sont en bonne santé, une ville où tous sont engagés (la pratique du vélo développe le militantisme), une ville où tous les lieux (y compris ce qu’on appelait des routes) sont propices à la rencontre et à la discussion. C’est une ville avec beaucoup d’espace (les rond-point deviennent des squares), une ville calme (sans voitures… ou si peu.), une ville sans banlieue (tout est la ville). C’est une ville où les commerces sont de proximité, c’est une ville où on achète plus prés, plus souvent. C’est une ville avec moins de police (pas de circulation à gérer) mais plus de sécurité (pas d’accidents de la route), c’est une ville où les parents dorment plus longtemps (les enfants vont à l’école seuls) et où les célibataires sont moins nombreux (la drague à vélo c’est plus facile qu’à voiture). La ville cyclable, ce n’est pas seulement une addition de pistes, de bandes et des cyclistes dessus c’est aussi et surtout une porte d’entrée vers la ville écologique de notre siècle: la ville durable.
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septembre 11th, 2007 at 8h19
Plutot interessant, disons qu’après adaptons la ville à la voiture il faudrait adapter la ville au vélo. Ou adopter la ville par le vélo ce qui finalement, revient au meme !
septembre 12th, 2007 at 14h40
c’est pour quand ?
octobre 20th, 2007 at 14h12
Bonjour et bravo.
Non que je sois d’accord sur tout (je n’imagine pas une rupture brutale, façon fortifs, entre la ville et le reste, qui ferait qu’on est limité à 30 en ville et à 90 dès qu’on passe une limite sacrée).
… Mais je suis d’accord au moins sur l’idée centrale : ce que nous cherchons en tant que citoyens, ce n’est pas du temps (nous avons tous 24 h par jour) c’est de l’espace, un espace de qualité pour y vivre.
Or notre Ministère de l’Equipement a toujours raisonné et calculé en termes de temps. Le calcul de rentabilité des investissements est toujours fondé sur des calculs de gains de temps et de valeur du temps. Il devrait être fondé sur des calculs de gains en valeur d’espace.