Home Contact Sitemap

Écopolit

www.ecopolit.eu | écologie politique - environnement - humeurs - analyses - développement - coups de gueule

ecopolit

rss feed technorati fav



Tout ce que vous avez toujours souhaité savoir sur l'écologie politique ici et ailleurs sans jamais oser...

L’habitat écolo : les tours en question

Published by Adrien Saumier | Filed under Université d'été 2007 du WWF, Elus verts, Urbanisme, Ecologie

Photo chez WWFAnne-Sophie a commencé le compte-rendu des universités d’été du WWF. Je fais de même, avec beaucoup de retard j’en conviens. J’ai toutefois déjà donné une partie de mon avis sur mon blog perso (oui, je cherche des excuses mais je suis impardonnable).

L’après-midi du 13 septembre, j’ai assisté à la plénière sur l’habitat écologique. Chaque intervenant mériterait un article à lui tout seul. Je vais donc me concentrer aujourd’hui sur Jacques Ferrier et son concept de tour Hypergreen.

Les tours, les grattes-ciel, les buildings… tout de verre, d’acier et de béton ! Voilà un modèle d’architecture maintenant lié, indéfectiblement ?, à la climatisation, aux ascenseurs, aux parkings souterrains, à la bétonnisation. Autant dire d’emblée que ce n’est pas le type de construction préféré des écolos.

Conçue en partenariat avec Lafarge (le cimentier, industrie hautement polluante), la tour Hypergreen est censée régler la totalité des problèmes générés par les tours plus classiques. L’architecte l’a conçue en tenant compte de son orientation pour lui offrir une exposition maximale à la lumière naturelle. Hypergreen est tapissée de cellules photovoltaïques côté sud, coiffée d’éoliennes et de récupérateurs d’eau de pluie, des puits canadiens assurent une circulation de l’air frais et permet d’éviter la climatisation. Lafarge dit avoir privilégié des matériaux recyclés ou recyclables.

Traditionnellement, les Verts sont opposés aux tours. À Paris et à la Défense, ils combattent les projets de construction (demande de référendum et contestation dans le 12e), le plus souvent de bureaux, au motif qu’il faut privilégier la construction de logements, moins denses. Cette opposition part du principe que les appartements dans des tours sont moins agréables à vivre. Quand on voit les expériences des barres et tours de banlieue, ainsi que certains quartiers du 13e arrondissement de Paris, on serait tenté d’être absolument d’accord !

Cependant, avec les tours comme Hypergreen, les arguments écolos tiennent moins. Le bâtiment répond en effet aux critères les plus exigeants d’économie d’énergie, de production d’énergie et d’économie des matériaux.

On s’alarme des effets de l’étalement urbain et le prix du foncier en centre ville atteint des sommets hallucinants. Les tours permettent d’occuper moins d’espace au sol et d’en libérer au profit de l’espace vert ou d’une densification de l’espace urbain. Ce dernier contribue à diminuer les distances entre les lieux de vie et d’économiser aux citadins du temps de transport.

En fait, Jacques Ferrier voit plus loin que la simple écologie des matériaux. Parce qu’une tour, même hyper écolo, se conçoit mieux au sein d’une ville équilibrée plutôt que dans des zones spécialisées (zone commerciale, d’activité, résidence…) reliées par des autoroutes.

Car l’architecte a également évoqué une manière plus urbaine d’utiliser les tours. Tout est question de partage d’espace. Les bureaux occupent en effet une surface est inutilisée le week-end et en soirée. Dès lors, pourquoi ne pas faire en sorte que les espaces collectifs (lobbies d’accueil, restaurants, salles de réunion…) puissent servir aux heures et jours non-ouvrés : clients, associations, clubs divers et variés seraient ravis de bénéficier ainsi d’espaces supplémentaires où se réunir ou se restaurer.

Un autre argument écologique au profit des tours, plus spécialemenrt la tour Hypergreen, est le gain d’espace créé par la verticalisation. Jacques Ferrier a pris l’exemple d’un projet à Issy-les-Moulineaux, entre les stations de métro Corentin Celton et Mairie d’Issy. Si l’on en croit ses propos, on pourrait réunir l’équivalent des bureaux de la zone dans une tour Hypergreen de 105 mètres au plus. La construction de la tour et des espaces collectifs autour rendrait aux riverains des espaces verts et un espace commercial de proximité.

Personne ne rêve d’une société de monades urbaines, mais le Top 10 des grattes-ciel écolos montre qu’il est possible de faire des tours écolos, à l’instar d’Hypergreen. Réfection de l’ancien (isolation, efficacité énergétique…) et construction d’un nouveau bâti écologique moins gourmand en espace : voilà probablement des pistes à suivre très attentivement pour la ville du futur.

Un autre intervenant était Gaël Léopold du programme One Planet Living, cela donnera matière à un prochain billet.

septembre 24th, 2007

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (3 votes, average: 4.67 out of 5)
Loading ... Loading ...

Envoyer cet article à un ami Envoyer cet article à un ami
Imprimer cet article Imprimer cet article

4 Responses to “L’habitat écolo : les tours en question”

  1. laurent jauffret Says:

    bien sûr cette idée de gratte ciel écologique est très séduisante - merci pour cet article intéressant - mais il sera long le chemin à faire parcourir à nos concitoyens pour qu’il laissent une partie de leurs préventions contre les tours. En témoigne cet article que j’ai publié sur Naturavox intitulé “vive la tour de béton” où les commentaires manquaient singulièrement de modération
    http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=1936

  2. julien Says:

    Personnellement je n’ai absolument rien contre les tours que je trouve de plus en plus interessantes esthétiquement et parfois tres bien agencées dans l’espace. Regardez la Défense, sur le coté gauche de la grande arche, du coté de l’université, la City à Londres également.

    C’est par contre toujours le meme argument qui revient en faveur des tours : libérons l’espace au sol pour créer des espaces verts. Vous ne savez donc pas que c’était l’rgument principal de Le Corbusier pour ses cités radieuses de Nantes et Marseille ? Beautiful argument repris par la suite pour les cités bon marché (HBM devenus HLM) ? Ou voyez vous les espaces verts dans ces cités de béton envahies désormais de bitume, voitures et carcasses polluées ? L’argument de l’espace libéré pour les espaces verts n’en est pas un dans des villes où le m2 coute si cher.

    Quoi, des millions dépensés pour de l’herbe ?!?

  3. Jérôme Says:

    Bonjour,
    Je suis heureux de lire votre article sur la question des tours dans lea ville. En effet, aujourd’hui, l’une des injustices les plus terribles est la rélégation d’une partie de la population en terme d’habitat. Une injustice qui transforme nos villes en ghetto pour riches et renvoie le peuple hors la ville “extra muros” créant un pendulaire de flux nocifs pour tous !
    La tour, comme forme urbaine, densifie et donc, permet la multiplication des logements. A nous d’agir pour exiger que cette forme urbaine soit “propre”; Le débat sur les tours ne doit pas être un débat formel et esthétique mais une façon de faire comprendre à tous que le modèle de la ville/voiture sans fin à l’américaine (dans certains quartiers il n’existe même plus de trottoirs à Los Angeles) est une impasse. Le temps est venu d’expliquer aux français que le pavillon est un type du passé, en tout cas sous la forme actuelle, qui ne répond plus aux besoins du moment, qu’il gaspille le territoire et engendre des catastrophes environnementales.
    Je crois qu’en faisant preuve de pédagogie, l’idée de la densité positive doit faire son chemin. C’est un combat juste qui doit permettre à chacun de vivre dans la ville et non hors de la ville, donc de la cité ! Merci de votre approche !!

  4. laurent Says:

    A propos de tour ecologique, voir cette tour étonnante proposée par une agence d’architecture française : http://www.eco-tower.fr Une ferme urbaine verticale

Leave a Comment