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Interviews de jeunes élu-e-s : Émilie Therouin

Published by Adrien Saumier | Filed under Jeunes élu-e-s, Interview, Elus verts, Verts, Politique

Émilie ThérouinÉmilie Thérouin, 26 ans, adjointe au maire d’Amiens, chargée de la Sécurité et de la Prévention des risques urbains. Retrouvez son blog de campagne Amiens sans de Robien.

Écopolit : Bonjour Émilie, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Émilie Thérouin : J’ai 26 ans, je vis avec un Vert, avec qui je suis en instance de PACS. Nous avons un chat.

Je travaille en tant que chargée de mission au sein du conseil régional de Picardie, avec Arnaud Caron, vice-président en charge des Finances et de la planification :-)

Depuis les dernières élections, je suis maire-adjointe d’Amiens en charge de la Sécurité et de la Prévention des risques urbains.

É. : Tu peux nous parler de ton parcours militant ?

ÉT : Je suis avant tout une militante associative (féministe, vélo, antipub…). Je suis militante de la Souris Verte - Les Jeunes Verts d’Amiens depuis 2002. J’ai exercé diverses responsabilités locales et fédérales au sein des Jeunes Verts.

Je milite chez les Verts depuis 2003. J’y ai pris ma carte à l’occasion de la campagne des élections européennes de 2004. Depuis 4 ans, je suis secrétaire départementale des Verts de la Somme et membre du CNIR (conseil national) pour la Picardie depuis 2 ans.

Je me suis présentée aux élections législatives dans la 3e circonscription de la Somme en 2007.

É. : Comment t’es-tu retrouvé en position éligible sur la liste ?

ÉT : Je suis impliquée dans la vie associative et politique de ma ville depuis 6 ans. J’avais envie de m’impliquer plus encore dans la vie locale !

Battre Gilles de Robien n’a pas été une mince affaire. Nous avons travaillé sur le programme des Verts depuis 2 ans. Nous avions travaillé avec le reste de la gauche depuis septembre 2007.

Je faisais partie des 8 personnes présentées par les Verts sur la liste Unis et Solidaires (PS, PCF, Verts, PRG, MRC, société civile) avec 3 moins de 30 ans, 2 sociétés civiles. J’étais la 3e Verte sur la liste.

É. : Quel type de ville est Amiens ?

ÉT : Amiens, capitale régionale de la Picardie, est à 1h10 de train au nord de Paris et 1h20 de train de Lille. C’est une ville de 140 000 habitant-e-s (180 000 habitant-e-s pour l’agglomération).

On peut y voir une des plus belle cathédrale gothique de France. Le patrimoine naturel est impressionnant (la ville à la campagne, de l’eau partout !).

É. : La sécurité, ta responsabilité, ce n’est pas un thème qu’on associe naturellement aux Verts, quel est le plus de l’écologie sur un sujet tel que celui-ci ?

ÉT : La gauche n’est en général pas très à l’aise avec les questions de sécurité.

Il ne faut pas instrumentaliser de façon idéologique, la demande de sécurité des habitant-e-s, qui est indéniable.

L’écologie politique privilégie la capacité d’écoute, la culture de l’évaluation, l’audace de l’expérimentation. Nous avons des choses à dire en matière de défense des libertés fondamentales dans une société sécuritaire toujours plus liberticide.

É. : Que feront les Verts d’Amiens en premier lieu ?

ÉT : Après 19 ans de gestion clientèliste et paillette de Gilles de Robien et ses sbires, il y a tout quasiment à refaire !

Les Verts ont fait le choix de ne pas demander de délégations “environnement” ou “développement durable”. Nous avions eu conscience du piège de la neutralisation par des délégations transversales, pas opérationnelles, sans moyens, ni poids politique.

Nous avons 2 adjointes (petite enfance recoupant écoles, crèches, restauration, et moi, sécurité, prévention) et un vice-président à l’agglo au développement économique.

J’ai pour ma part en charge la sécurité, la vidéosurveillance, la police municipale, la prévention de la délinquance, la sécurité routière, les risques industriels et naturels.

É. : Mais, qu’est-ce qui vous a conduit à demander des délégations traditionnellement peu communes pour les écolos ?

ÉT : L’expérience de la gestion au conseil régional, ce qu’il s’est passé dans les autres régions et d’autres communes, un peu de réalisme politique, et surtout, pas de “pense petit”. Quand je parlais de neutralisation par des compétences transversales, creuses, il s’agit bien de cela. Le PS a bien envie de faire plaisir et hype avec quelques Verts mais pas n’importe où ! Ils ont fondamentalement peur de décisions qui pourraient faire fuir l’électeur.

Nos “partenaires” se sont pas prêts à nous confier des compétences structurants type transports. Pour autant, notre travail, notamment programmatique, nous a permis d’être à même de demander la compétence économie/emploi qui est fondamentale et une vitrine pour mettre au cœur du développement économique le respect des hommes, des territoires, et de l’environnement. Nous ne sommes pas des environnementalistes. Aussi, nous avons souhaité démontrer que les Verts n’étaient pas là comme caution “petites fleurs sur le bord des autoroutes”.

Rendez-vous dans 6 ans pour voir si les Verts ont réussi leur pari !

É. : Justement, tu ne crains pas que les champs de compétence “classiques” des Verts soient moins bien lotis si ce sont des partenaires qui s’en occupent ?

ÉT : Nous avons vraiment eu de l’influence sur les autres élu-e-s, lors du précédent mandat dans l’opposition et pendant la campagne. Des lignes ont bougé, notamment sur la conception de la ville.

Nous avons imposé l’écologie, la solidarité et la démocratie comme les trois valeurs qui devront “imprégner” notre action. C’est notre contrat avec les électeurs.

Mais nous ne sommes pas dupes, un productiviste reste un productiviste. Nous n’avons pas encore réussi à changer de “logiciel” comme dit mon ancien chef Yves Cochet ;-) Nous gardons notre liberté d’expression et de vote à dessein…

É. : Alors quels sont les axes principaux des actions vertes pour la commune ?

ÉT : Nous nous sommes battus pour que l’écologie soit dans chaque page du programme. Je ne ferai donc pas de catalogue à la Prévert, ce serait ridicule !

Avec un vice-président Vert à l’économie, nous comptons démontrer que le mieux-disant environnemental créé de l’emploi de qualité non délocalisable.

É. : 6 ans d’engagement public, ça ne te fait pas peur ?

ÉT : Ce qui me fait peur c’est de décevoir ! 6 ans pour évaluer puis lancer de nouvelles politiques publiques, finalement, c’est très court !

É. : Tu es finalement confiante en tes partenaires municipaux pour qu’ils soient sensibles au discours et aux actions écolos ?

ÉT : Je ne vais pas me plaindre de l’état d’esprit de nos collègues. Je ne dis pas avoir la gauche la moins bête de France, loin de là, mais la majorité des élu-e-s sont sensibles à l’urgence écologique. C’est indéniable. Le travail a vraiment été bien préparé lorsque nous étions dans l’opposition.

É. : Tu aurais un mot à dire pour d’autres jeunes élus Verts en France ?

ÉT : Gardez les pieds sur Terre ! Vous n’êtes élu-e-s ni pour votre parcours, ni pour vos qualités, votre charisme ou votre belle gueule ! J’aime rappeler le propre du scrutin municipal : proportionnelle et scrutin de liste ;-)

Gardez un vrai boulot à côté, professionnel de la politique à moins de 30 ans, c’est pas bon !

Allez, maintenant, lâchez les écrans d’ordinateur, au boulot !

(Photo tirée de la page de présentation municipale.)

mai 19th, 2008

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6 Responses to “Interviews de jeunes élu-e-s : Émilie Therouin”

  1. P. Julien Says:

    bravo comme exemple, pire que les adultes responsables ! Même si la défaite de Robien était souhaitable, dire qu’il faisait des paillettes est ridicule ! D’ailleurs cette demoiselle candidate en 2007 en bord de mer et dans le vimeu e retrouve élue à… Amiens ! Où ira t-elle se vendre en 2009 ?

  2. mathilde Says:

    Si le marbre partout au centre-ville, le “sablier” de la Tour Perret et la verrière de la gare n’ont rien à voir avec des paillettes… alors qu’est-ce que c’est ?
    Un aperçu ici

  3. le fermier bleu Says:

    Ce matin en cliquant sur http://www.lafermeenville.fr ce que j’ai appris sur les pesticides a changé ma vie. C’est décidé, je me mets à la bière bio.

  4. Sullivan Jovelin Says:

    même si je n’ai pas du tout les même idées politique que cette jeune élue.
    Je ne pense pas qu’elle soit sectaire
    comme beaucoup d’autres élus de gauche dans le département qui ne sont pas ouvert au dialogue. J’ai eu l’occasion de discuter rapidement avec elle. Et j’ai eu réponse à mes questions même si je suis membre d’un parti adverse. ¨Pour les paillettes il est grand temps que certains amienois sortent un peu de chez eux et regardent comment ça se passe ailleurs. Une ville qui se modernise et qui evolue et une ville qui ne meurt pas. Les maisons en brique rouge c’est sympa mais il existe d’autres materiaux, Comme l’acier, le verre, le marbre. Vous aimeriez retourner avant 1989 dans une ville sombre et polluée.
    Même si vous ne partagez pas les opinions politique de notre ancien maire avouez qu’il a amelioré la ville, aprés ok certains choix sont discutable comme les constructions à coté de la cathédrale, la verriere aux verres un peu opaque, Mais bon dans dix ans ça sera comme pour le parc saint pierre tout le monde sera content.

  5. Benoît Says:

    continuons le débat sur le blog d’Emilie Thérouin :

    http://www.emilietherouin.fr

  6. FrédéricLN Says:

    Bravo pour cette série d’interviews. Beau travail, témoignages instructifs !

    Signé… un pas vert pas élu !

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